vendredi 16 février 2007

Après les légendaires 24 heures à Matane et 24 heures à New York, voici : 24 heures a Toronto

Une autre idée pour un film!
…ou la conclusion d’un film? Ou son intro? Ou le point culminant?
Je sais pas trop… Avec ces allers-retours entre les hémisphères, je suis plus vraiment sûre à quel point j’en suis...

Ça commence par un gros plan sur l’officier de l’Immigration canadien, bien serré dans son uniforme, qui étampe mon passeport d’un grand coup bien résonnant et qui me le remet en souriant avec son accent anglais :
« Voi-lah mad-moisell. Welcome home! »
Le passeport passe de mes mains tremblantes (je sais pas pourquoi je réagis toujours comme si je transportais 2 kilos de coke quand je passe les douanes) à mon sac. Puis, mes doigts s’arrêtent sur mes écouteurs que je replace rapidement sur mes oreilles.
Silence.
Le long corridor devant moi.
Mes doigts sur le lecteur mp3.
Play.
« tan-na-na-na nana, tan-na-na-na nana… » (l’intro triomphante de Wake Up d’Arcade Fire)
Et les portes qui s’ouvrent sur Toronto…



Descendre la longue rue Queen sous le soleil d’hiver et choisir dans lequel de ses cafés prendre une pause; surprendre ma copine Amanda à sa job et la serrer fort dans mes bras pour la deuxième fois cette année (c’est une bonne année); prendre la tant attendue douche chaude et jouer à la rock star dans le peignoir « in » du chic et funky hôtel Drake; papoter aux parents en attendant le train de Montréal qui m’amènera ma meilleure amie (ah Ming, on va survivre enh?); rire; pleurer; jaser; psychanalyser; siroter de l’alcool chilien; écouter les dernières émissions de The Office; rire encore; dormir un peu; rire de nouveau… puis, se serrer fort et très fort; promettre de donner des nouvelles; promettre de s’amuser; promettre de laisser les soucis ici et promettre d’en profiter; se serrer encore… envoyer la main; retenir les larmes; se retourner un dernier coup pour voir Ming et Alex rester; prendre un grand respire…et avancer.


Gros plan sur l’officier des douanes américaines qui me donne un bonbon pour m’aider à sécher les larmes qui sont sorties sans permission.
Un petit coup d’étampe tout doux sur la dernière page libre de mon passeport.
Un sourire, gentil.
« Have a safe journey miss… »
Passeport à mains qui tremblent d’émotion à sac. Doigts à écouteurs à oreilles.
Play.
Silence.
Applaudissements. Et la voix inimitable de Nina Simone : « Ain’t got not home, ain’t got no shoes. Ain’t got no money… »
Les lumières et les couleurs des hors-taxes qui scintillent autour de moi.
« …aaaaand what I have I goooot? I’ve got my own life anywaaaays! Yeaaaah… What I’ve got, nobody can take awaaaaaay…. »
Porte D10.

P.S. Thanks Amanda, merci Ming, merci Alex, thanks Nina.

Ming et cafe

Mandy and Ming on Queen St

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